La stratégie lors de la Coupe du Monde de football...
...il n'y a rien de plus important! (via http://www.pdviz.com)
Combien gagnent les musiciens sur internet?
Trouvé via http://bit.ly/cVeMC8 (informationisbeautiful.net)
Il y a peu le parlement anglais a adopté le Digital Economy Act incluant un certain nombre de mesures pour combattre le piratage de musique sur internet.L'idée derrière cette loi (et l'argument qui a forgé l'Hadopi en France) est de protéger les revenus des artistes. Mais combien exactement gagnent les artistes musicaux dans le nouvel environnement numérique que nous connaissons?Ces graphiques sont basés sur l'article The Paradise That Should Have Been publié chez le Cynical Musician et traitant des royalties plus que misérables qu'il touche, le tout passé par la moulinette du site Information Is Beautiful qui tient à insister sur la difficulté d'accès des barèmes de rémunération (notamment ceux de Last.Fm). Ce qui serait intéressant serait maintenant de refaire ces graphiques mais à partir des rémunérations des écrivains qui, depuis le Kindle d'Amazon et le Ipad, vont eux aussi avoir des perspectives financières modifiées. Si quelqu'un connaît les rémunérations pratiquées et veut se lancer, qu'il n'hésite pas!Interview (intelligente) de Peter Jackson
<br /><small>Find more videos like this on AnneCam</small><br /> <br /><small>Find more videos like this on AnneCam</small><br /> <br /><small>Find more videos like this on AnneCam</small><br />Casquette et verlan : sous une maladresse, une question digne d’intérêt
50 cent (égérie d'Alain Finkielkraut). Crédit Thms, creative commons
Dans le cadre du “grand débat sur l’identité nationale”, La secrétaire d’état à la famille, Nadine Morano, a gratifié le débat public d’une saillie pour le moins étonnante :
— On ne fait pas le procès d’un jeune musulman. Sa situation, moi, je la respecte. Ce que je veux, c’est qu’il se sente Français lorsqu’il est Français. Ce que je veux, c’est qu’il aime la France quand il vit dans ce pays, c’est qu’il trouve un travail, et qu’il ne parle pas le verlan. C’est qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers.
Au delà d’une identification maladroite du jeune musulman aux jeunes gens dits “des quartiers” — du moins à l’image que l’on peut s’en faire — la ministre s’est emparée de deux marqueurs identitaires : la casquette à l’envers et l’usage du verlan1.
La casquette à l’envers2 joue comme un marqueur identitaire ; c’est à dire, d’un signe qui témoigne d’une appartenance à un groupe, pour le groupe lui-même et pour ceux qui lui sont étrangers . De fait, tout accessoire de mode est destiné à traduire l’appartenance ou la non appartenance à un groupe, plus ou moins informel, et fait ainsi office de marqueur identitaire.
Au reste, d’autres coutumes vestimentaires, souvent importées des États-Unis, ont été adoptés en France sans d’ailleurs que suive leur signification symbolique : le port taille basse du pantalon trop large est censé rappeler la situation de garde à vue, lorsque le suspect d’une infraction se voit confisquer sa ceinture, comme tout autre objet susceptible de lui permettre d’attenter à ses jours. La délinquance fait alors office de marqueur identitaire3. Le port d’une jambe de pantalon relevée sous le genou est supposé rappeler les chaînes de l’esclavage et la persistance de discriminations que l’on revendique. C’est une autre façon de souligner une identité.
On ne parle plus guère le verlan, ou alors sous une forme atrophiée et dérivée. En revanche, le parler “banlieues” ou “des quartiers”, fait d’idiomes et d’un accent propre, joue bel et bien un rôle de marqueur identitaire ; social et spatial plus qu’ethnique4, au demeurant.
L’accent de banlieue n’a pas été ignoré de la recherche scientifique. Un travail universitaire5 montre ainsi que l’accent est d’autant plus prononcé que le statut social est faible de première part, que l’individu est impliqué dans la vie du quartier de deuxième part et que la conversation est conduite dans un cadre informel6, de troisième part. Ce qui doit indiquer, en passant, que ceux qui usent dudit accent sont conscients de la norme orthophonique, nonobstant une relative “surdité” à ses contours7.
Il se trouve que les marqueurs constituent des instrument d’identification et de discrimination puissants. Une question est de savoir, cependant, ce qu’identifient ces marqueurs ; une autre intéresse les leçons que l’on peut en tirer collectivement et politiquement.
L’usage de l’accent de banlieue8 est fortement corrélé au statut social, mais pas à l’origine ethnique ou les convictions religieuses.
En cela, le glissement du “jeune musulman” au “jeune des quartiers” opéré par la ministre est particulièrement maladroit. Parce qu’il est implicite, d’abord, et laisse planer l’idée d’une identification entre jeune musulman et jeune personne de banlieue. Parce que la pratique cultuelle de la foi musulmane s’accompagne souvent d’un affadissement des marqueurs identitaires de la banlieue, ensuite. Parce qu’il conduit à confire le musulman à une identité culturelle en ignorant la distinction des convictions et de la culture, enfin.
Pour autant, il est vrai que l’accent de banlieue se trouve fortement représenté parmi les jeunes habitants des cités issus de l’immigration nord-africaine ou sub-saharienne ou encore des départements et territoires d’outre-mer. Mais l’identité trahie par l’accent se trouve bien davantage être celle de la communauté spatiale et sociale du quartier9 qu’ethnique ou religieuse. Au sein d’un même quartier, les nuances concernent l’intensité de l’accent, et elles recouvrent assez fidèlement la disparité des classes sociales10. Cette observation vaut également pour les accents régionaux — dialectaux, qui sont d’autant plus accusés que le niveau social est bas. Inversement, l’ambition sociale se traduit par l’abandon de l’accent, un verbe et une prononciation proche de ce que l’on estime être la norme11.
Qu’en est-il des leçons politiques ?
L’argument de Nadine Morano est le suivant : pour intégrer la société du travail, il convient de renoncer aux marqueurs identitaires.
Il y a deux façons de lire les choses.
La première repose sur l’idée que les discriminations trouvent une origine dans le port de la casquette retournée et le parler des banlieues. Ce qui est vrai dans la mesure où ces marqueurs sont parfaitement perceptibles pour les personnes extérieures à la banlieue ; et que ces derniers peuvent nourrir le sentiment qu’ils sont ignorés, voire rejetés. L’adoption de marqueurs sociaux ostensiblement différents de ceux de son interlocuteur établit une distance qui peut être conçue comme une forme de rejet. Surtout lorsque l’on choisit de ne pas se conformer à la norme sociale12. Pour le dire brutalement, on n’est pas enclin à multiplier les invitations à celui qui crache sur votre tapis.
Mais il n’est pas moins vrai que l’adoption de codes hétérogènes répond à un “besoin identitaire”13. Et que ce besoin identitaire n’est pas assouvi par la société française.
[C]e sont les sentiments de stigmatisation et d’exclusion sociale qui poussent les jeunes à adopter la manière de parler “quartier”, qui constitue pour ces jeunes un moyen d’identification à leur groupe de pairs et de distanciation des autres groupes.14
Dit autrement : le rejet dont font l’objet les jeunes gens de banlieue les incite, par réaction, à se construire une identité étrangère à la norme.
Sans vouloir céder à un œcuménisme irrésolu, il me semble que l’une et l’autre des positions sont justifiées. Que celles-ci soient tenues par la droite ou la gauche n’y change pas d’ailleurs pas grand chose.
Peut-on mener une politique conciliatrice ?
Inviter les uns et les autres à l’effort paraît illusoire. On imagine mal un employeur — ou, disons, le videur d’une boite de nuit — ignorer des signaux qui trahissent le refus — certes ambigu — de d’adopter la norme sociale15. C’est peut-être injuste au regard de la situation, mais il appartient bel et bien aux “jeunes des banlieues” d’abandonner leurs marqueurs identitaires pour espérer ne plus souffrir de rejet16. La norme, parce qu’elle est majoritaire et légitime17 l’impose18.
Si, comme y cède parfois la gauche, on s’efforce de légitimer les marqueurs identitaires comme des phénomènes de culture, on risque de construire un autre mur devant la société. Un mur plus solide que celui du préjugé discriminatoire. En effet, légitimer l’identité des quartiers, tout à la fois minoritaire et impuissante19, c’est l’inviter à ne pas désirer épouser la norme collective, qui, pour être tout aussi construite que la norme minoritaire, n’en a pas moins d’effets dans la réalité économique et sociale. Un mur d’autant plus difficile à franchir, donc, qu’on en est le gardien.
Aussi bien l’intervention de Nadine Morano, pour rapide et brutale qu’elle soit, a le mérite d’effriter le mur pour inviter la question des marqueurs identitaires dans le débat public. Et, au delà de ces signes qui ne sont pas anecdotiques, l’idée finalement rassurante que la société n’est pas si déterminé, pour peu qu’on se refuse au déterminisme.
En revanche, les réactions éruptives de ses adversaires politiques auraient gagné à se faire moins virulentes. Parce que ce faisant, elles tendent à ensevelir sous l’invective des questions qui auraient mérité d’ajourer le débat public. Des questions éminemment concrètes, dont chacun pourrait se saisir ; y compris les intéressés eux-mêmes, qui pourraient trouver quelque profit à méditer l’affaire.
- On aurait pu ajouter également la posture publique — un certain avachissement en position assise ou la démarche chaloupée. [↩]
- Le goût du jour va davantage vers la capuche, voire la cagoule, comme a pu s’en moquer Michaël Youn dans l’inénarrable et satirique opus “Fous ta cagoule”. Ce qui, en passant, témoigne du marqueur que représente cet accessoire. Ce qui démontre également que la ministre de la famille, qui vient de banlieue, ne l’a guère fréquentée ces derniers temps. [↩]
- Il ne s’agit pas seulement d’une provocation. La délinquance est une déviance sociale qui peut être érigée en pratique identitaire. La criminologie américaine a ainsi montré que les immigrés dits “de seconde génération” étaient sur-représentés dans les statistiques de la criminalité. La délinquance présente alors une fonction identitaire pour une partie d’entre eux. Cette sur-représentation disparaît d’ailleurs au fil des générations. Ceci à l’exception notable des héritiers de l’esclavage négrier, qui présentent une spécificité inexpliquée. [↩]
- Aux États-Unis, un phénomène semblable est observable : il est du reste transcrit dans l’écriture : “gangsta’ rap” pour “gangster rap”. [↩]
- Iryna Lehka-Lemarchand, Accents de banlieue, approche phonétique et sociolinguistique de la prosodie des jeunes d’une banlieue rouennaise, Thèse Rouens. Le document en PDF est disponible via ce lien. [↩]
- Les jeunes gens adoptent plus volontiers l’accent typique lorsqu’ils devisent entre eux et l’atténuent lorsqu’ils conversent avec des personnes étrangères à la banlieue. [↩]
- Iryna Lehka-Lemarchand montre que la surdité est corrélée à l’envie d’appartenir au groupe de banlieues, ou, au contraire, au désir d’y échapper. Th précitée, p. 175. [↩]
- Les intéressés disent “du quartier”. [↩]
- Ou des quartiers : il y a une forme d’uniformité des divers accents des quartiers. [↩]
- Par exemple, dans l’étude d’Iryna Lehka-Lemarchand, les jeunes maghrébins issus des quartiers pavillonnaires accusent moins d’accent que les jeunes noirs qui habitent les HLM. [↩]
- Assurément, la télévision et la radiodiffusion déterminent aujourd’hui cette norme. Selon les modèles que l’on se donne. Il faudra un jour mesurer l’effet du parler du Président Sarkozy sur la classe politique ; en particulier de la droite. [↩]
- Conçue comme telle, du reste, par ceux qui acceptent de s’en détacher. [↩]
- Le terme est d’Iryna Lehka-Lemarchand. [↩]
- Iryna Lehka-Lemarchand, Accents de banlieue, Th. p. 295. [↩]
- Sauf dans des industries ou services dédiés, mais c’est une question de marketing. [↩]
- Dans Libération — édition payante — un très intéressant article sur les “contrôles au faciès” montre que la fréquence des contrôles par les forces de l’ordre dépend accoutrement des jeunes gens ; ce qui tend à montrer que le ressort ethnique est fortement teinté d’un déterminant social. [↩]
- Y compris aux yeux des jeunes de banlieue. [↩]
- C’est une tautologie. [↩]
- A la différence de l’élite, qui, pour être minoritaire, sait fort bien protéger son statut par des marqueurs identitaires plus ou moins subtils. [↩]
Berlusconi: nouvelles images
<div><br /><b>Silvio Berlusconi agressé à Milan (RaiNews24)</b><br /><i>par rue89</i></div> via http://bit.ly/5G3E7XPostes à l'agrégation et au Capes de lettres 2010
Ce n'est pas folichon comme nouvelle mais il faut savoir ce qu'on affronte...Agrégation externe 2010:Lettres classiques: 46 postes (2009 - 40 postes - différence: +6)Lettres modernes: 80 postes (2009 - 90 postes - différence: -10) Agrégation interne 2010:Lettres classiques: 35 postes
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